Qu’est-ce que le crowdfunding ?

Le crowdfunding est un système de financement qui connaît un grand succès depuis le début du siècle. Il voit son activité se développer fortement entraînant dans son sillage toujours plus de Français particuliers comme entreprises. Fédérant un grand nombre de personnes autour d’un même projet, il est un nouveau mode de financement, véritable alternative ou complément au système bancaire. Afin de mettre en exergue ses bienfaits, il faut pouvoir expliquer le financement participatif au sens large et pourquoi investir dans cette option est une si bonne idée.

Que signifie crowdfunding ?

Le crowdfunding signifie littéralement financement par la foule. On le traduit par financement participatif en français. Les Québécois le nomment sociofinancement.

C’est un moyen de collecter de l’argent pour les particuliers et les entreprises auprès d’autres individus et professionnels. Il vise à financer un projet précis dans le cadre d’une campagne ponctuelle.

Il est un moyen d’additionner un grand nombre de contributions unitaires faibles pour boucler un financement. C’est un outil fédérateur qui va mobiliser une communauté d’individus pour faire éclore un projet grâce à ce collectif.

Le crowdfunding permet de collecter des fonds pour toutes sortes de projets. Voici quelques exemples de projets de financement participatif :

  • personnels : un voyage de noces, une maison, un nouveau protocole médical, …
  • professionnels : le lancement d’une production, une augmentation de capital, une rénovation de boutique, …
  • associatifs : l’aménagement de locaux, une mission humanitaire, un événement, …
  • culturels : un album de musique, un film, une BD, …
  • immobiliers : une résidence, un immeuble de bureau, un lotissement, …
  • etc.

Quels types de crowdfunding existent ?

Les sommes collectées dans le cadre d’une campagne de crowdfunding peuvent être de différents types.

Le don sans contrepartie

Parfois appelé crowdgiving, le crowdfunding de don concerne le financement d’un projet par le versement de sommes données sans aucune contrepartie en retour.

Il s’applique le plus souvent aux initiatives personnelles et humanitaires.

Le don avec récompense

En anglais, ce crowdfunding est appelé reward based crowdfunding. Il s’agit de donner une somme d’argent pour un projet en contrepartie d’une récompense. C’est le porteur de projet qui détermine ce que le crowdfunder va obtenir en échange de son financement. Il va définir plusieurs types de récompenses en fonction du montant financé.

C’est un type de crowdfunding très fréquent. Dans le domaine culturel, il peut, par exemple, financer un film contre l’envoi d’un DVD ou la place de cinéma. En matière de commerce de proximité, il peut aider, par exemple, la rénovation d’une pâtisserie en contrepartie de gâteaux, viennoiseries, chocolats, glaces, … ou une invitation VIP à l’inauguration.

Le prêt avec ou sans intérêt

Appelé également crowdlending, il permet de prêter un montant financier pour la réalisation d’un projet durant une période définie à l’avance. Le prêteur peut en échange soit ne rien recevoir (et juste se faire rembourser l’argent), soit bénéficier d’intérêts.

Ce crowdfunding peut vous permettre de financer l’équipement d’une entreprise, par exemple.

La participation en capital

Le terme anglais d’equity crowdfunding est très utilisé pour désigner ce crowdfunding. Il s’agit d’une forme d’investissement participatif où le crowdfunder achète des parts dans une entreprise pour l’aider à financer un projet.

Ce financement participatif permet de financer des PME, telles que des start-up, en les aidant à lever les fonds nécessaires à leur développement. Le crowdfunder devient un actionnaire de l’entreprise qu’il soutient.

La redevance

Parfois dénommé royalty crowdfunding, il consiste pour un crowdfunder de soutenir une entreprise en bénéficiant en retour de redevances en fonction du chiffre d’affaires réalisé.

C’est une alternative au prêt (qui exige des remboursements prédéfinis) et à l’apport en capital (qui entraîne sa dilution).

Présentation du crowdfunding

Quel crowdfunding choisir ?

Si vous souhaitez vous lancer dans le crowdfunding, vous devez trouver ce petit monde très vaste et divers. Il est vrai qu’il y a une multitude d’acteurs et un grand nombre de façons de participer.

Aussi, avant de vous inscrire sur quelqu’une plateforme de crowdfunding, il faut vous interroger sur ce que vous souhaitez faire en tant que financeur. Comme je viens de vous le présenter, il existe différents types de financement participatif dans un grand nombre de domaines. Quel type de projet souhaitez-vous soutenir ? Qu’en attendez-vous en retour ?

Pour définir quel crowdfunding choisir, il faut donc commencer par déterminer :

  • quel secteur d’activité vous intéresse : culture, sport, innovation, immobilier, …
  • quelles valeurs vous portent : l’humanitaire, l’entrepreneurship, l’art, …
  • quel bénéfice en retirer : soutien de l’économie locale, appui à la création artistique, revenu passif, rente financière, …
  • quelle contrainte accepter : prise de risque, perte en capital, …

La fiscalité qui s’applique est la flat tax à 30 %.

Crowdfunding, comment ça marche ?

Pour participer à un projet, le process est très simple grâce aux plateformes internet. Elles vont servir d’intermédiaires afin de faciliter grandement votre participation. Elles vont servir à garantir la réalité et la véracité des termes d’un projet afin que vous ne vous aventuriez pas n’importe où.

Selon le type de crowdfunding, le mode d’emploi varie, mais synthétiquement, il peut se résumer à ceci :

  1. Vous vous inscrivez sur une plateforme de crowdfunding.
  2. Vous parcourrez les projets présentés sur le site.
  3. Vous choisissez un projet en validant le montant de votre financement selon les montants proposés ou le ticket d’entrée affiché.
  4. Votre participation est validée, si le montant demandé par le porteur de projet est atteint (pour la majorité des plateformes).
  5. Vous versez votre contribution avec éventuellement des frais à la plateforme.
  6. Vous recevez éventuellement votre contrepartie, vos intérêts ou royalties, puis votre capital.

Un projet de financement participatif peut demander un financement individuel très variable : de quelques dizaines à quelques milliers d’euros. Parfois, il y a un montant minimum à financer, le ticket d’entrée.

Chaque projet affiche une durée pour la collecte qui représente la durée maximum pendant laquelle les contributeurs peuvent apporter leur argent. Si le montant demandé est atteint avant la fin de la durée affichée, elle est close dans bon nombre de cas et vous ne pouvez plus participer. Parfois, la collecte se prolonge au-delà de la somme demandée, si le porteur de projet présente une extension à son projet initial.

Vous pouvez participer à plusieurs projets en même temps, sur plusieurs plateformes et dans différents secteurs.

Quel site de crowdfunding choisir ?

Il existe un grand nombre de sites de crowdfunding, ce qui rend difficile votre choix. Avant toute chose, il est important de bien comprendre que le financement participatif est une activité réglementée en France. Aussi il faut veiller à choisir un site qui bénéficie de signes de confiance :

  • un agrément réglementaire en tant que plateforme participative : Intermédiaire en financement participatif (IFP), Conseiller en investissements participatifs (CIP) ou Prestataire de services d’investissement (PSI)
  • une immatriculation auprès de l’Orias
  • une adhésion à Finance Participative France (FPF), l’association des professionnels du crowdfunding
  • un agrément comme établissement de paiement directement ou par le biais d’un partenaire, tels que Lemon Way ou MangoPay.

De plus, il faut veiller à son professionnalisme. Regardez comment les plateformes présentent leur entreprise, leurs équipes, leurs missions, … Pour vous assurer de leur sérieux, vous pouvez voir leur ancienneté, leur activité sur les réseaux sociaux (avec notamment leur réactivité aux commentaires qui vous informera de leur intérêt envers leur clientèle), leur activité sur leur blog, le soin apporté à la mise en valeur des projets initiés sur leur site, …

Il est important de faire une petite analyse de la réputation d’une plateforme de crowdfunding et de sa notoriété avant de vous y inscrire. Zoomez sur les avis déposés sur leur site (surtout s’ils sont certifiés), sur Google ou Facebook, leur publication sur d’autres blogs et sites d’actualité, les interviews donnés par leurs dirigeants, …

Chaque site utilise ses propres critères de sélection des dossiers, même si certains éléments sont communs. Ces paramètres sont plus ou moins stricts selon les plateformes de financement participatif. Il faut donc, de votre côté, être attentif au mode de sélection de chaque projet et au taux de réussite de la catégorie qui vous intéresse le plus.

Enfin, selon le type de crowdfunding qui vous intéresse, vous pouvez opter pour certaines plateformes plutôt que d’autres, en veillant à diversifier votre panel. Il existe des sites :

  • généralistes de dons avec ou sans contreparties où vous trouverez une grande diversité de projets personnels et professionnels (exemple : Ulule, Kisskissbankbank, …)
  • spécialisées dans un seul domaine d’activité et/ou un type de crowdfunding :
    • Mymajorcompany pour la réalisation d’album de musique
    • Tudigo pour le financement de l’économie locale
    • Babyloan spécialisé dans le micro-crédit solidaire
    • HelloMerci pour les prêts solidaires
    • WE DO GOOD pour le royalty crowdfunding
  • à dimension régionale (exemples : GwenneG en Bretagne, Occistart en Occitanie, …)

Surtout si vous souhaitez vous investir dans un financement participatif comportant des risques, tels que le crowdfunding immobilier ou le crowdlending, vous apprécierez que la plateforme mette à votre disposition un accompagnement. La possibilité de poser des questions, d’avoir accès à un conseiller, de disposer d’un forum entre crowdfunders, … sont des éléments très appréciables pour bien gérer son aventure. De plus, avoir accès à une vaste documentation, avec une FAQ (Foire aux questions), est aussi un gage de bon accompagnement.

Des sites de crowdfunding naissent régulièrement. D’autres disparaissent. Veillez à bien réfléchir à celui que vous allez choisir. L’État français a mis en place un site dédié au financement participatif pour vous aider à y voir plus clair.

Le crowdfunding immobilier, le leader de la finance alternative

Le crowdfunding immobilier est ultra tendance au sein du financement participatif et de la finance alternative en France, comme en témoigne le baromètre 2018 KPMG et Financement Participatif France (FPF).

La finance participative continue à progresser pour devenir plus encore incontournable dans le paysage du financement en France. Elle représente en 2018 1,4 milliard d’euros de fonds collectés, soit 39 % de plus qu’en 2017. Les valeurs collectées par la finance alternative ont été multipliées par plus de 4 entre 2015 et 2018. Cette explosion s’explique en partie par la naissance de nouveaux modèles de financement, l’expansion des plateformes web et l’intervention plus grande des entreprises.

Les fonds collectés en 2018 sont en grande partie issus du crowdfunding immobilier. Il représente à lui seul 32 % des sommes récoltées pour 209 millions d’euros. À titre de comparaison, les commerces et services représentent 19 % (124 millions d’euros), l’environnement / ENR 8 % (52 millions d’euros) et la culture (44 millions d’euros).

Au sein de la finance alternative, le crowdfunding poursuit son envolée avec 20 % de croissance annuelle. Passant de 36 millions d’euros en 2013 à 402 en 2018, le crowdfunding croît toujours d’année en année. Le nombre de projets financés est passé de 24.126 en 2017 à 33.381 en 2018.

Cette hausse est principalement portée par le prêt qui se développe de 40 %, alors que le don décroît faiblement (-2 %) et l’investissement chute (-19 %).


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