Optimiser ses investissements en crowdfunding : 13 astuces

Se lancer dans le financement participatif et faire les meilleurs choix de plateformes et de projets est un bon point de départ. Mais, une fois ces fondamentaux bien ancrés, arriver à optimiser ses investissements en crowdfunding est ce qui occupe le plus les investisseurs exigeants. A partir du moment où vous cherchez à booster le rendement moyen de votre portefeuille, vous allez chercher tous les petits ajustements possibles pour faire grimper votre capital plus vite et plus haut. Là, il s’agit d’aller chercher quelques euros en plus qui, grâce au pouvoir magique des intérêts composés, feront la différence dans quelques années. Découvrez 13 solutions pour aller chercher quelques pépètes supplémentaires (en espérant qu’elles vous portent chance).

1/ Optimiser le cash drag de ses investissements sur chaque plateforme de crowdfunding

L’un des principaux ennemis des investisseurs qui cherchent à faire fructifier leur argent est le cash drag. Ce terme désigne le délai pendant lequel une somme d’argent n’est pas investie entre 2 placements. Plus le cash drag est important, plus votre argent reste sans générer d’intérêt. Autrement dit, vous perdez de l’argent, car celui-ci n’est pas placé et subit l’inflation. C’est pourquoi optimiser ses investissements en crowdfunding exige de gérer le cash drag.

Il est inévitable d’avoir du cashdrag, tant pour ce qui est des investissements manuels qu’automatiques. Il y a toujours un certain délai entre le moment où vous récupérez l’usage de vos économies après un investissement et le moment où il est réinvesti. En crowdfunding manuel, vous devez trouver un autre projet dont votre analyse confirme l’intérêt et en crowdlending automatique, il y a parfois un petit délai dans le réinvestissement selon les plateformes.

Toutefois, même s’il est inévitable, le cash drag s’optimise. Certains robots d’investissement mettent plus de temps que d’autres pour placer à nouveau votre solde disponible. Il importe de les surveiller. Le mieux est de cocher dans votre profil sur chaque plateforme la réception des emails récapitulatifs hebdomadaires. Ainsi, vous pouvez vérifier chaque semaine qu’il n’y a pas d’argent disponible dans votre solde. La cause peut en être qu’il n’y a pas assez de projets ou que vos critères sont trop restrictifs.

En matière de crowdfunding manuel, l’implication doit être plus importante pour limiter le cash drag. Tout d’abord, sachez identifier les plateformes qui mettent le plus de temps à clôturer leurs projets et à commencer à faire travailler vos économies. Ensuite, il est idéal de disposer d’un tableur de suivi des opérations afin de pouvoir anticiper les dates auxquelles vous serez remboursé et disposerez d’une somme d’argent à réinvestir.

2/ Ne pas oublier de demander la dispense de PFU

Si vous y avez droit, il est préférable de faire votre demande de dispense de Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) pour optimiser vos investissements en crowdfunding. Cette démarche (un peu contraignante) vous permet de ne pas être prélevé des 30 % de la flat tax lors du versement des intérêts de vos opérations de crowdfunding en France. A la place, vous êtes uniquement ponctionné de 17,2 % au titre des prélèvements sociaux.

Vous allez me dire que même si vous oubliez de faire la demande, vous pouvez vous faire rembourser après votre déclaration d’impôts au moment du paiement. Oui, mais il s’agit d’un remboursement qui va intervenir de nombreux mois plus tard. Durant tout ce temps, vous n’aurez plus cet argent et pourrez donc investir moins.

Il est question de quelques cacahuètes ? Voyons ça avec un exemple pour mieux se rendre compte de la perte consécutive à un oubli de dispense de PFU. Imaginons que vous touchez 1.000 euros d’intérêt brut en septembre. Vous êtes donc prélevé de 30 % par la plateforme qui les reverse à l’administration fiscale, car vous avez oublié la demande de dispense. Cela représente 300 euros au lieu des 172 euros.

Aux environs de septembre de l’année prochaine, vous serez remboursé par les services fiscaux de la différence. Donc pendant un an, vous ne pourrez pas investir les 128 euros que vous avez trop versés aux services fiscaux. Sur la base d’un rendement moyen envisageable d’un portefeuille de crowdfunding à 10 % par an, nous pouvons donc extrapoler que vous perdez 12,8 euros. C’est peu, mais vous avez peut-être bien plus que 1.000 euros d’intérêt à percevoir chaque année.

Voici ce que cela donne selon le montant des intérêts bruts que vous percevez annuellement.

Intérêts bruts perçusSomme trop versées aux ImpôtsIntérêts perdus
100012812,8
150019219,2
200025625,6
250032032
300038438,4
350044844,8
400051251,2
450057657,6
500064064

Il faudrait aussi ajuster selon la date de perception des intérêts. Enfin, pensez à ce que cela donne sur plusieurs années, avec les intérêts composés perdus. Mais bon, si vous préférez prêter votre argent aux services fiscaux..

3/ Optimiser la diversification de ses investissements en crowdfunding mais pas trop

La diversification est la stratégie idéale pour optimiser vos investissements en crowdfunding sur le long terme. En ne mettant pas tous vos œufs dans le même panier, vous répartissez les risques et pouvez contrecarrer les dégâts des pertes. De cette manière, vous êtes à même de dégager un rendement moyen optimisé.

Toutefois, si vous diversifiez trop, vous risquez de perdre de vue chacun de vos investissements. Vous ne serez alors plus en mesure de les suivre correctement et de savoir où leur réalisation en est. Votre cash drag n’en sera que plus élevé. Au final, c’est contre-productif. Vous perdrez de l’argent à trop diversifier.

Le degré de diversification idéal est relatif. Il dépend de chaque personne et de sa capacité à établir un suivi sérieux de multiples projets et plateformes. A vous, au fur et à mesure de vos placements et de votre découverte de chaque solution, de déterminer quel est votre niveau de diversification idéal.

4/ Participer au programme de fidélité du site participatif

Certaines plateformes d’investissement (majoritairement hors de France) offrent des programmes de fidélité. Plus vous placez sur le site en question une somme importante, plus votre taux d’intérêt est bonifié. De cette manière, vous allez optimiser vos investissements en crowdfunding.

Dans la mesure de vos possibilités, il est donc utile de chercher à atteindre ces montants minimum pour booster vos rendements. Voici une petite synthèse des principaux dispositifs de fidélité que je connais :

  • Robocash : à partir de 5.000 €
  • Esketit : à partir de 25.000 €
  • PeerBerry : à partir de 10.000 €
  • Max Crowdfund : à partir de 25.000 € ou 25 opportunités

Il ne faut cependant pas se cacher que certains de ces programmes de fidélité ne sont pas très accessibles. Ils demandent en effet de placer une somme très élevée.

5/ Aller acheter sur le marché secondaire de la plateforme de crowdlending

Le marché secondaire est le lieu où vous pouvez vendre ou acheter des prêts sur certains sites de crowdlending. Les investisseurs qui souhaitent récupérer leur mise y placent leurs emprunts. Vous pouvez y faire de bonnes affaires afin d’optimiser vos investissements en crowdfunding.

En effet, si un investisseur est pressé de récupérer de la liquidité, il peut faire une excellente offre. Par ailleurs, il arrive ponctuellement que les taux d’intérêt proposés sur le site de crowdlending soit revus à la baisse. Alors, les prêts en vente sur le marché secondaire peuvent être une excellente façon de bénéficier de meilleurs taux de rendement, que le site n’offre plus sur son marché primaire.

Cette technique demande de parcourir les offres des marchés secondaires et donc d’y perdre un peu de temps. Mais elle peut vous faire gagner un rendement bien boosté. Personnellement, je me contente de le faire lorsque l’investissement automatique n’a pas investi l’intégralité de mon solde disponible, ce qui me permet de limiter mon cash drag aussi.

6/ Profiter des primes d’inscription du site en ligne

Vous pratiquez sûrement cette astuce, mais il est toujours utile de la rappeler. Les bonus d’inscription, quel que soit leur type, sont toujours utiles pour optimiser vos investissements en crowdfunding. Ils permettent de gonfler dès le départ votre capital investi et donc votre rendement total.

Même lorsqu’il s’agit de quelques euros ou d’un faible pourcentage, ces primes au démarrage de votre rendement sur un site sont intéressantes. Vous pouvez faire un rapide calcul d’intérêt composé pour mieux vous en rendre compte. Et comment refuser un cadeau de bienvenue !

Vous pouvez vous rendre sur la page dédiée à ces bonifications pour en avoir un rapide aperçu.

7/ Parrainer ses connaissances

A l’image des bonus d’inscription, les primes de parrainage boostent vos investissements afin de les faire grandir encore plus vite. Ce sont des coups de pouce qui vous rapprochent un peu plus d’un statut de rentier en crowdfunding.

Alors, pour optimiser vos investissements en crowdfunding, pensez à parler autour de vous et sur vos réseaux sociaux de vos super sites de crowdlending. Quelques filleuls sur vos plateformes préférées vous aideront grandement.

8/ Éviter le PFU pour optimiser ses investissements en crowdfunding

En France, l’imposition des intérêts du crowdfunding correspond à la flat tax par défaut. La seule façon d’y réchapper est d’être éligible à la dispense. Tous les sites de crowdfunding en France prélèvent cet impôt dès le versement des intérêts à travers le PFU. D’un côté, c’est pratique, car vous n’avez pas à provisionner la somme que vous devrez verser aux services fiscaux. D’un autre côté, vous payez ‘en avance’ vos impôts et perdez le bénéfice d’intérêts que cette somme d’argent peut générer.

Pour optimiser vos investissements en crowdfunding, il serait parfait de ne pas payer le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU). Autrement dit, de ne pas verser vos impôts l’année où vous percevez vos intérêts, mais l’année suivante.

L’astuce permettant de le faire est de ne pas faire appel aux sites français, mais uniquement aux plateformes étrangères. Aucune d’entre elles ne prélève d’impôt français. Vous disposez alors du versement des intérêts bruts que vous pouvez placer intégralement afin de générer encore et encore des intérêts.

Peut-être qu’ici aussi vous vous dites qu’il ne s’agit que de quelques kopecks. Faisons alors un rapide calcul en fonction de la somme que vous avez en crowdfunding. Imaginons que vous disposez de 10.000 euros investis à 10 % versés annuellement. Avec des sites de crowdfunding en France, vous payerez les 30 % une année plus tôt (pour simplifier) que pour les plateformes étrangères. Voici ce que cela donne :

Capital investi en FranceCapital investi hors de France
Année 11000010000
Année 21070011000
Année 31144911800
Année 41225012650
Année 51310813561
Année 61402614538
Année 71500715585
Année 81605816707
Année 91718217910
Année 101838519200

Sur 10 ans, cela représente tout de même 815 euros de différence. Même en soustrayant les 30 % restant dû au titre de la dernière année, la différence n’est pas infinitésimale.

9/ Ne pas bouder les bonus reçus par emails

Pour accélérer leurs collectes, certaines plateformes de crowdfunding offrent ponctuellement des bonus sur certains projets. Vous les recevez par email selon le paramétrage de votre compte. En souscrivant aux opérations de financement participatif avec ces bonifications, vous stimulez votre rendement moyen. Il s’agit donc d’une astuce pour optimiser vos investissements en crowdfunding.

Il est intéressant d’avoir en tête les sites participatifs qui offrent ces bonus afin d’avoir l’œil dans votre boîte de réception. Je peux citer Miimosa et Heavy Finance, par exemple.

Gardez en tête que sur les plateformes pratiquant ces bonus, vous n’avez pas avantage à souscrire aux projets dès le lancement de leur collecte. Il est alors bon d’attendre que les souscriptions soient bien engager avant de vous lancer au risque de passer à côté d’un rendement amélioré.

10/ Vérifier les modalités de calcul des intérêts

Vous avez peut-être l’habitude comparer les taux d’intérêt des plateformes de crowdfunding les uns avec les autres. Moi aussi, la preuve en est les tableaux comparatifs que je vous livre. Pourtant, ils témoignent de réalités différentes.

Si le capital est amorti, le taux de rendement ne sera pas le même, non ? De même, les intérêts qui génèrent des intérêts rendent le rendement tout autre. Il est utile de comparer les plateformes et les projets en ayant en tête ces différences. Au final, le rendement de votre portefeuille en ligne en sera impacté.

Par ailleurs, les investisseurs les plus ingénieux auront aussi leur courte liste de plateformes pratiquant des bonifications d’intérêt en cas de retard. Il s’agit, par exemple, de La Première Brique, HeavyFinance et Esketit.

Le jeu peut être dangereux autant le dire. Mais votre rendement moyen va en être visiblement boosté. C’est pour cela que viser les sites pratiquant les pénalités de retard est un bon outil pour optimiser vos investissements en crowdfunding.

11/ Optimiser la valeur et la durée des investissements en crowdfunding

Pour booster les rendements de vos investissements, il est indispensable d’ajuster au mieux les projets choisis selon leur montant et leur durée. Chaque plateforme a ses spécificités. On n’investit pas de la même façon sur PretUp, Raizers ou Lendermarket.

De plus, la façon dont vous dimensionnez vos placements dépend de votre stratégie. Si vous voulez améliorer votre retraite dans 30 ans ou si vous cherchez des revenus passifs, vos décisions ne seront pas les mêmes.

Cependant, quelle que soit votre ambition prioritaire, il est important d’avoir pleinement conscience que :

  • Les projets trop courts augmentent le cash drag qui amenuise votre rentabilité moyenne
  • Les opérations trop longues ne vous font pas profiter des intérêts composés, augmentent le risque et sclérosent votre stratégie
  • Les petits montants investis vous obligent à dénicher de nombreux bons projets et vous font perdre votre temps (s’ils sont investis manuellement)
  • Les gros investissements vous font prendre plus de risque en limitant votre diversification

Pour optimiser vos investissements en crowdfunding, il vous faut donc chercher la juste mesure sur chaque plateforme en fonction de votre capital total, de vos objectifs… et de votre temps. Car comme le dit l’adage, le temps c’est de l’argent.

12/ Investir dans le cadre d’un PEA

Optimiser vos investissements en crowdfunding suppose de rechercher le meilleur choix en matière de fiscalité. Si vous êtes résident fiscal français avec un TMI (Taux Marginal d’Imposition) d’au moins 30 %, vous devrez verser à l’administration fiscale la flat tax, soit près d’un tiers de vos gains en investissement participatif. A moins que vous n’ayez un PEA-PME.

Il est en effet possible d’intégrer des projets de crowdfunding au sein d’un PEA-PME. Dès lors, vous bénéficierez d’une fiscalité plus avantageuse. A condition de ne pas retirer d’argent pendant les 5 premières années et dans la limite de 10 % du montant de vos placements, vous serez imposé à 17,2 % sur vos retraits. Mais attention, il y a des frais.

Si vous cherchez à vous construire une rente pour demain, ce peut être une astuce vous permettant de booster vos revenus futurs. En effet, vous pouvez décider d’ouvrir aujourd’hui un PEA et d’y placer vos économies dont vous n’aurez absolument pas besoin avant au moins 5 ans. Ainsi, lorsque vous déciderez de profiter de votre argent, vous ne devrez déduire que les 17,2 % sur la rente que vous ponctionnerez.

13/ S’expatrier en quête d’une meilleure fiscalité

La France n’est pas vraiment réputée pour la légèreté de sa fiscalité. Même si depuis 2018, les impôts sur les revenus du capital ont été améliorés pour les plus hauts revenus, elle n’en reste pas moins élevée avec ses 30 % de prélèvement sur vos intérêts (pour le cas général).

Aussi, ceux qui veulent optimiser leurs investissements et pourquoi pas vivre du crowdfunding seront intéressés à chercher un pays offrant une meilleure fiscalité. Dans la mesure où vous avez la possibilité de vous expatrier, ce choix peut être à même de booster réellement votre rentabilité moyenne.

Toutefois, il convient d’être prudent avec le choix de la destination et de parfaitement gérer ce changement conformément à la réglementation et en lien avec les services fiscaux. Sinon, le retour de bâton peut s’avérer très douloureux.

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